Sylvie CAFARDY

Sylvie CAFARDY

Sylvie Oudeville épouse Cafardy, je suis née à Marseille le 21 juillet 1964 d’un père ingénieur en bâtiment et d’une mère ingénieur commercial. Je suis l’aînée d’une famille de quatre enfants.

Dès ma plus tendre enfance, mes parents décident d’aller vivre en Afrique (au Cameroun, au Gabon, puis en Côte d’Ivoire). Après avoir obtenu mon baccalauréat D à Abidjan, je poursuis mes études en métropole. Je commence à Paris, par 3 années de classes préparatoires aux écoles d’ingénieurs agronomes (dites aussi classes de Maths Sup Bio et Maths Spé Bio), avant d’entamer mes études de médecine, d’abord à Strasbourg, puis à Poitiers.

J’y rencontre mon mari, qui deviendra médecin généraliste libéral. Notre premier enfant, un fils, naît en 1995. Cinq ans plus tard, une petite sœur vient compléter la famille.

Dès le début de mes stages hospitaliers, j’observe que de nombreux soignants ont des attitudes d’évitement face aux malades qui ont le plus besoin de leur présence et de leurs soins : les mourants. Je comprends que cela est dû à une peur viscérale de la mort que le décès annoncé de ces patients réveille en eux. Je cherche, sans succès, ce qui pourrait les libérer de cette peur pour leur permettre de rester aux côtés de leurs malades et les assister jusqu’au bout.

Un jour, je rencontre un expérienceur qui me révèle que ceux qui ont vécu une EMI sont définitivement guéris de cette peur de la mort si délétère que nous partageons tous. Je décide alors de consacrer ma thèse de doctorat à la « Contribution de l’étude des expériences de mort imminente à l’accompagnement des mourants ». Thèse que je soutiens en 1999, et qui obtient le Prix de thèse régional et les félicitations à l’unanimité d’un jury présidé par Monsieur Roger Gil, professeur de neurologie et futur fondateur et président de l’Espace de Réflexion Ethique de Nouvelle-Aquitaine (ERENA).

Je commence ma carrière médicale en effectuant des remplacements en médecine générale, tout en préparant un Diplôme Universitaire (DU) de médecine palliative au CHU de Limoges.

En 2000, je deviens la première référente en soins palliatifs de l’hôpital de Montmorillon, situé à mi-chemin entre Poitiers et Limoges. J’y prépare une capacité en gériatrie, avant de passer le concours de Praticien Hospitalier en 2004, puis, en 2007, un DU « Maladie d’Alzheimer et maladies apparentées » qui me permet de mettre sur pied une consultation mémoire, laquelle est labellisée en quelques années. Parallèlement, je prends en charge le service d’Unité de Soins de Longue Durée (USLD) de 42 lits et une partie de l’EHPAD de l’hôpital de Montmorillon. En 2017, je complète ma formation par un DU de psychogériatrie auprès du professeur Clément à Limoges.

En accompagnant les nombreuses personnes âgées polypathologiques de mon service jusqu’à leur décès, je constate que ce que les expérienceurs, rencontrés lors de ma thèse, m’ont appris sur ce qui se vit à l’instant de la mort, m’est d’une aide précieuse pour choisir l’attitude la plus juste dans ces moments difficiles. Et cet enseignement nous permet, à mes équipes et à moi-même, d’aider la grande majorité de nos patients à décéder sereinement.

Lorsque j’apprends que cela n’est pas le cas partout, – alors que les connaissances techniques de prise en charge de la douleur et des symptômes de fin de vie sont les mêmes partout –, je décide de mettre par écrit l’expérience que j’ai acquise auprès des expérienceurs et de mes patients, afin d’aider le plus grand nombre possible de malades, de soignants et de familles, dans l’espoir d’améliorer les conditions de prise en charge des fins de vie en France.

Cela a donné naissance à un livre, publié en octobre 2020 aux éditions HumenSciences : « Expériences de mort imminente ».