La tragédie s’est invitée de manière violente dans notre vie, rendant l’air irrespirable et le printemps source à la fois d’espérance et de crainte. Nous voulions avec « le colloque les états de conscience aux frontières de la mort » prendre du temps ensemble pour en parler, pour évoquer les EMI et les chemins mystérieux de la conscience aux confins de la vie.

Nous voulions vous inviter à contribuer à une grande cohorte scientifique et que vous deveniez encore plus attentifs à ceux qui sortent d’un coma afin qu’ils soient accompagnés, écoutés dans tout ce qu’ils ont à nous apprendre de ces zones où se mène le combat entre la vie et la mort.

Nous ne pensions pas être attrapés par l’histoire collective.

La parole est difficile et se doit d’être juste. Des femmes et des hommes se voient assaillis par la maladie, infectés par le coronavirus, luttent pour respirer, pour vivre.

Nos amis ou des inconnus mènent tous les jours un combat, qu’ils soient médecins, infirmiers, pompiers, pharmaciens, mais aussi aides-soignants, brancardiers, ils risquent leur vie pour nous.

​De nombreuses autres filières sont aussi mobilisées pour nous, au risque d’être contaminées, représentées par ceux qui nous nourrissent, nous chauffent, nous éclairent, gardent les enfants, et tous ceux dont le métier exige une présence minimum, les Ehpad, les pompistes et j’en oublie.

Combat également contre la peur pour tout un chacun qui se trouve confronté à la peur de la mort en direct ou par famille ou amis interposés.

Nous sommes unis irrémédiablement par une solidarité indiscutable, qu’elle soit vécue en conscience et portée haut en termes de responsabilités, ou dans un consentement aux mesures de confinement qui peuvent représenter pour certains une peur extrême de l’enfermement.

Nous sommes avec vous, par la pensée, par les petites attentions que les uns et les autres portons à nos environnements immédiats, par la gratitude que nous pouvons exprimer quand nous vous croisons, et aussi en appelant nos amis, ceux que nous savons seuls, inquiets isolés, et à risque.

Merci à vous,
Laurence Lucas Skalli,
Fondatrice